Les Français et l’Automobile

Au 1er janvier 2025, près de 39,7 millions de voitures particulières circulent en France. Après plusieurs années de ralentissement, le parc automobile français retrouve une légère dynamique de croissance.

Le parc automobile français continue de progresser

Au 1er janvier 2025, près de 39,7 millions de voitures particulières circulent en France. Après plusieurs années de ralentissement, le parc automobile français retrouve une légère dynamique de croissance.

L’analyse des indices base 100 montre une croissance générale du parc de véhicules entre 2011 et 2025, mais avec des rythmes différents selon les catégories.

2011-2014 : une croissance soutenue des véhicules légers

Au cours des premières années de la période, les véhicules particuliers (VP) et surtout les véhicules utilitaires légers (VUL) enregistrent une progression régulière. En 2014, les indices atteignent respectivement 102,4 et 105,5, traduisant une hausse plus dynamique des VUL liée à la reprise économique et au développement des activités de livraison et de services.

À l’inverse, le parc de poids lourds (PL) demeure stable, voire légèrement orienté à la baisse (indice 99,4 en 2014), reflétant les difficultés du secteur du transport routier après la crise économique. Les transports en commun de personnes (TCP) progressent modérément pour atteindre 103,7.

2015-2019 : accélération des VUL et stabilisation des autres catégories

Cette période se caractérise par une forte croissance du parc de VUL. L’indice passe de 107,5 en 2015 à 115,9 en 2019, soit près de 16 % de hausse par rapport à 2011. Cette évolution est principalement portée par l’essor du commerce en ligne et des besoins logistiques associés.

Les VP poursuivent leur croissance mais à un rythme plus modéré, atteignant un indice de 108,4 en 2019.

Le parc de PL connaît un retournement progressif après plusieurs années de stagnation et retrouve un niveau supérieur à celui de 2011 (indice 102,8 en 2019). Les TCP affichent également une progression régulière, atteignant 108,8.

2020-2021 : impact limité de la crise sanitaire sur les stocks

Contrairement aux immatriculations annuelles, fortement affectées par la pandémie de Covid-19, les parcs de véhicules continuent globalement de croître. Les indices VP et VUL restent quasiment stables tandis que les PL et les TCP poursuivent leur progression.

Cette relative stabilité s’explique par le caractère cumulatif du parc roulant : les véhicules restent en circulation malgré le ralentissement des ventes.

2022-2025 : poursuite de la croissance mais à un rythme ralenti

À partir de 2022, les tendances observées précédemment se prolongent :

  • les VUL demeurent la catégorie la plus dynamique et atteignent un indice de 120,2 en 2025, soit une augmentation de plus de 20 % depuis 2011 ;
  • les VP continuent de progresser lentement jusqu’à 112,6 ;
  • les TCP se stabilisent autour d’un indice compris entre 112 et 113 ;
  • les PL atteignent un maximum en 2024 (106,2) avant un léger recul en 2025 (105,4).

 Un parc vieillissant

Le vieillissement du parc automobile français se confirme en 2025 :

  • 8,5 millions de voitures ont moins de 5 ans ;
  • 10,4 millions ont entre 5 et 9 ans ;
  • 8,9 millions ont entre 10 et 14 ans ;
  • plus de 12 millions de voitures ont plus de 15 ans.

Cette évolution résulte principalement de la baisse des immatriculations de véhicules neufs depuis la crise sanitaire, du niveau élevé des prix des véhicules neufs et du contexte économique pesant sur le pouvoir d’achat des ménages.

Les Français roulent moins qu’avant la crise sanitaire

Le nombre total de kilomètres parcourus par les voitures particulières reste inférieur aux niveaux observés avant 2020.

En 2024, les voitures particulières ont parcouru environ 458 milliards de kilomètres, soit un niveau encore inférieur à celui observé avant la crise sanitaire. Le parcours annuel moyen s’établit à 11.634 kilomètres par véhicule (léger).

2011-2019 : une tendance générale à la baisse des kilométrages moyens

Contrairement à l’évolution du parc de véhicules, qui augmente sur l’ensemble de la période, les kilométrages annuels moyens diminuent progressivement avant la crise sanitaire.

  • Les VP passent d’un indice 100 à 97,1 en 2019 (-2,9 %).
  • Les VUL enregistrent la baisse la plus marquée avant 2020, avec un indice de 95,7 en 2019 (-4,3 %).
  • Les PL reculent également jusqu’à 96,6 en 2019.
  • Les TCP restent quasiment stables autour de l’indice 100.

Cette évolution traduit une augmentation du nombre de véhicules plus rapide que celle des distances parcourues, ainsi que des usages davantage urbains ou périurbains.

2020 : rupture historique liée à la crise sanitaire

L’année 2020 constitue un point de rupture majeur. Les confinements, les restrictions de déplacement et l’arrêt partiel de nombreuses activités expliquent cette chute brutale des kilométrages. Les transports collectifs sont les plus touchés, avec une baisse particulièrement forte de la fréquentation des autobus et autocars.

2021-2022 : reprise partielle de l’activité

Après la crise sanitaire, les kilométrages moyens remontent sans retrouver leurs niveaux antérieurs. Cette reprise reflète le retour progressif des déplacements professionnels et personnels.

2023-2024 : stabilisation à un niveau inférieur à celui de 2011

Les données les plus récentes montrent une nouvelle légère érosion. Les autobus et autocars sont la seule catégorie qui retrouve pratiquement son niveau de kilométrage moyen d’avant la période étudiée.

La baisse du kilométrage annuel moyen confirme les transformations des usages automobiles : développement du télétravail, contraintes budgétaires, hausse du coût des carburants et évolution des habitudes de mobilité.

Le marché du véhicule neuf reste sous tension

Jusqu’en 2019, les immatriculations de voitures neuves oscillaient entre 1,8 et 2,2 millions d’unités par an.

La crise sanitaire a profondément bouleversé le marché automobile français. Malgré une reprise partielle, les volumes restent durablement inférieurs aux niveaux d’avant-crise.

Le marché de l’occasion demeure très dynamique. En France, il s’immatricule toujours entre 3 et 4 véhicules d’occasion pour un véhicule neuf.

Le vieillissement du parc circulant constitue désormais l’une des principales caractéristiques du marché automobile français.

L’impact sur le marché du pneumatique

Le marché du pneumatique dépend principalement de deux facteurs :

  • le nombre de véhicules en circulation ;
  • le nombre de kilomètres parcourus.

Le parc automobile français continue de progresser lentement, mais le nombre de kilomètres parcourus demeure inférieur aux niveaux observés avant 2020.

Cette situation limite mécaniquement la croissance du marché du pneumatique de remplacement.

Parallèlement, les comportements d’achat évoluent fortement sous l’effet des contraintes économiques. Les automobilistes arbitrent davantage leurs dépenses et se tournent plus fréquemment vers des produits d’entrée de gamme ou des pneus toutes saisons.

Les transformations du parc automobile (électrification progressive, vieillissement des véhicules, montée des SUV et évolution des usages) modifient également la structure du marché du pneumatique.

Une transition progressive du parc automobile

La transition énergétique du parc automobile français se poursuit mais reste progressive.

Les véhicules électriques et hybrides gagnent du terrain chaque année, mais les motorisations thermiques demeurent très largement majoritaires dans le parc circulant.

Le renouvellement du parc reste lent en raison du coût élevé des véhicules neufs et de l’allongement de la durée de vie des automobiles.

Cette lente transformation explique que les évolutions environnementales du parc automobile s’inscrivent dans un temps long.

Sources

Sources : SDES, Rsvero, données provisoires 2025 – Syndicat du pneu – Données marché pneumatique Europool / Elanova / GfK.